Puissance Femelle
La première chose qui m’aie bloquée à l’ouverture de ce blog fut de me demander de quel comic ou manga allais-je parler en premier. A quelle œuvre serait dédié mon premier article sur la toile.
La vie nous emmène sur des chemins de pain d’épices insoupçonnés. Finalement Florian Delteil a eu raison de ma paresse légendaire en m’abstenant à un rythme hebdomadaire, puis un cours d’écriture créative pris le relai. Mais la question était toujours bien présente malgré le dépucelage forcée : quelle serait la première BD dont je vous parlerai. Suspens et pâte de fruits, la liste s’allonge de jour en jour, et les jours se passent sans que rien ne sorte de ces satanés doigts.
Mon premier manga, my first comic book ? Trop solennel pour un début, mais je n’exclue pas l’idée d’une petite séance larmichette au coin du feu lascivement étendu sur un peau de tigre. Mais plus tard. Fêter ensemble mes 10 ans de lecture régulière de Marvel Comics ? C’est beau un chiffre rond. On le voit d’ici le bel article hommage accompagné de la couverture du préciiiieux, anecdotes sucrées à l’appui. Le temps d’y réfléchir nous sommes passés à 11 ans il y a quelques semaines. Procrastination quand tu nous tiens…
Alors pour marquer le coup, je vais vous parler d’une erreur de livraison. Tout commence toujours de la même façon avec moi. Un soir banal sur la toile, je fouille de fond en comble mon dealer numérique préféré à la recherche d’une œuvre méconnue sur tel ou tel scénariste ou dessinateur idolâtré. Une séance de torture comme je les aime, et voilà que je tombe sur un comic retraçant la vie des Beatles dessiné par Stuart Immonen. Pourquoi pas. Margaret Tatcher en décidera autrement, je reçois finalement la biographie de J.K. Rowling en cases et bulles. Ah.

Bien sûr je perds 10 euros dans l’affaire. Le temps de rire de mon sort, le site me rembourse quelques heures plus tard l’intégralité du comic commandé initialement, s’excusant sans explication de la rupture de stock de celui-ci (bah voyons). Me voilà donc avec un comic sorti de nulle part basée sur la vie d’une personne dont l’œuvre ne m’intéresse d’aucune façon. Toi aussi tu sens qu’on va bien s’amuser, n’est-ce pas ?

Le dilemme est complexe : Matt Filer ou Kirsty Swan sur le bûcher ? Je serai incapable de dire lequel du dessinateur ou du coloriste me révulse le plus. Entre la sensation de nain à chaque enfant dessiné (et de cancer en phase terminale pour chaque adulte) et cette texture de plastique dur en guise d’épiderme, mon cœur balance. Mais au-delà de l’aspect purement technique, le concept me dépasse. Une biographie sous forme de bande dessinée, sans décalage avec le réel, sans prise de risque du “scénariste”. Juste de l’information wikipédienne bête et méchante, un dessin pour illustrer le propos en plus. A aucun moment on ne lit une bande dessinée.

Blue Water Comics. Un éditeur qui figure sur ma liste. L’idée de mettre en avant des femmes pour leur courage et leur travail ne me dérange guère (no joke), mais l’exercice les dessert plus qu’autre chose. Quoique dans certains cas, il faudra m’expliquer l’intérêt. J’ai eu de la chance finalement, et puis j’ai beaucoup ri, c’est l’essentiel dans la vie.
