El blogo dEl Canino

Avr 27

Bleach fait les 400 coups

La magie du chiffre rond, le frisson de la dernière ligne droite. Bleach arrive à un tournant, et tu le sens, ne fais pas semblant.

Le combat entre Aizen et Ichigo a déjà bien commencé, à grands renforts de froncements de sourcils ténébreux, de révélations cinglantes (auxquelles personne n’adhère) et d’échanges de coups d’échauffements avant le « vrai » combat. Tu l’as déjà compris jeune éphèbe, Bleach évolue dans un schéma de shonen ultra classique, avec pour seules prétentions un découpage des cases original et des combats ultra dynamiques. C’est tout. Certains pesteront contre le vide abyssal du background et son manichéisme à deux balles, toutefois bien loin des friandises scénaristiques super pompeuses. On est là pour défoncer son adversaire, et les méchants sont vraiment méchants. C’est rare.

Dans Bleach, le fil de fondue savoyarde qui sert de scénario n’est qu’une base d’écriture obligatoire pour accumuler des combattants autour d’une cause dont tout le monde se fout. Un système, certes turbo faible, mais amoureusement assumé puisque Tite Kubo vise autre chose. Une succession de combats d’épées décomplexée, pour se permettre de temps en temps des réflexions sur la philosophie du sabre et le rapport à l’ennemi. Des questions que posent déjà Takehiko Inoue ou Stan Sakai de façon beaucoup plus poussées et réussies, mais ici survolées pour cause de rythme hebdomadaire. Bien naturellement il est impossible de passer à côté de l’esprit Dragon Ball et de ses grosses explosions de saveurs et transformations physiques, symbole de montée en puissance infinie. Sans échapper à l’enseignement des vraies valeurs de la vie : le courage, le dépassement de soi, l’esprit de camaraderie et le respect des conventions de Genève.

Quelque part c’est beau : 2 ans de publications pour couvrir 10 minutes de combats, avec une moyenne de 30 secondes de lecture par chapitres. Je vous laisse faire le calcul, Bleach est loin d’être une lecture accaparante. C’est du pur Jump, rapide et fun, à fond dans l’exagération et le suçage de clichés à outrance. Les dessins et le découpage font la différence, très fins, à deux doigts du trait sombre d’un seinen bien sanglant. Peut-être trop esthétique pour procurer les mêmes sensations qu’un Berserk ou un Blame. Cela n’empêche pas quelques démembrements violents ou des personnages couverts d’hémoglobine façon Black Mamba. Puis les hollows (grands méchants du manga) sont bestiaux, moches (mais de façon relativement stylés) et disproportionnés. Les punching balls parfaits pour des transformations d’épées de plus en plus folles.

Aucun niveau de lecture sous-jacent, juste du grand spectacle. Des finish move de dingues, et des regards complices et savoureux. Si on devait résumer Bleach en une phrase : ça repose ton cerveau, ça explose ta rétine.

I approve.