La Vérité vient des WATCHMEN. Véridique.

Syndrome de l’enfant pourri gâté. Je trépigne pendant des mois sur Twitter pour avoir une invit sur SENS CRITIQUE et première chose que je fais quand je l’obtiens, je n’y vais pas. Toute cette mascarade ne rime à rien depuis le début. Vanter constamment les mérites d’un site sur lequel tu es interdit de séjour est un brin frustrant/excitant, mais même, je n’arrive pas à suivre une fois le free pass remis en main propre. C’est quand j’ai décidé (pourri et exigeant qui plus est) et en l’occurrence c’est maintenant et c’est WATCHMEN de Alan Moore (et Dave Gibbons). Et ça donne ça :
Une équipe de super-héros sur le retour secoué par la mort de l’un de leur ancien compagnon et chacun y va de sa remise en question, entre recherche du meurtrier et introspection de son propre rôle dans une société aux bords de l’hiver nucléaire. Ce qu’il faut absolument retenir c’est l’énorme travail d’écriture et de construction produit par Alan Moore. Le scénariste élabore une intrigue policière basée sur plusieurs niveaux de narrations et joue avec les codes et les ficelles du format comic. Les clins d’œil sont nombreux et cohérents : comic à l’intérieur du comic, documents à lire entre chaque chapitre, cases miroirs, et la cerise, une réinterprétation complète du mythe du super-héros. Alan Moore salit malicieusement le vernis du golden age et dévoile les coulisses d’un univers en apparence parfait, celui des manigances politiques et des travers humains primaires. Watchmen s’attarde sur ce que cache les masques et les capes flashy : des humains qui doutent d’eux-mêmes, effrayés par l’image subversive qu’ils renvoient à la population, basculant doucement entre folie et fascisme. Une claque pour tous lecteurs de comic mainstream, un joli point de départ pour les autres.
Que lire ? L’édition Delcourt en VF ou le Absolute en VO. A mort la traduction de Panini et le film désastreux.