El blogo dEl Canino

Aoû 8

Des hommes et du X

L’excuse est bidon pour relire du X-men, j’ai attendu un relaunch. Même pas un changement d’artiste, un relaunch. Concrètement, n’importe qui du moment que c’est le numéro un d’un nouvel ongoing. Des fois je me déteste.



J’ai des circonstances atténuantes (ou accablantes, c’est comme tu veux) : je ne me sens pas verni avec les X-men depuis l’ère Morrisson. A la recherche de l’étincelle mutante qui me fait tant défauts depuis des années. Par-ci, par-là des trucs corrects sortent, je dis pas non, mais rien de révolutionnaire, de brillant. A ma décharge, le monsieur a mis la barre super haut en 2001 en relançant les mutants version New X-men, plus sombres et plus modernes. Les dessins de Quietly apportaient cette touche déconcertante, jamais les X-Men n’avaient semblé si différents, morphologiquement effrayants. Un effet voulu, souligné par une narration crescendo, sans temps mort. Des menaces galactiques aux querelles internes, et ce final de feu, chaque moment était intense. Puis c’est la fuite chez DC, des fois pour faire des trucs bien (All Star Superman, WE3, Seven Soldiers), des fois un poil en dessous des attentes (Batman, Final Crisis). Récemment j’ai découvert Marvel Boy, l’histoire d’un kree échoué sur Terre, à la recherche des responsables de la déconfiture de son équipage, puis d’une nouvelle vie. Excellente réécriture du thème de l’alien hostile, un avant-goût de la ligne Ultimate mais qui rejoindra l’univers de base finalement. Une petite fraîcheur avant de tomber dans la soupe de Bendis (Dark Avengers puis actuellement dans The Avengers)

Bon, on disait quoi déjà ? Oui, les X-men. Bah écoute bof depuis un moment. J’ai tenté de repartir sur Uncanny X-men 500 (encore une histoire de chiffre, gnignigni) mais cette fois j’avais l’excuse en platine : Matt Fraction au scénar. Malgré son travail sur Iron Fist, Punisher War Journal et Invincible Iron Man je bois une tasse bien vicieuse, la pire, bien confiant au bord du jacuzzi alors que j’avais forcément pied. Une leçon qui me conforte dans l’idée que les X-Men c’est sans compromis, très difficile à mettre en place, même si tu t’appelles Ellis ou Brubaker. Soit tu cartonnes, soit tu te plantes en beauté. Ou soit tu la fais à la Joss Whedon, tu sauves les meubles en récupérant les dialogues de Buffy et tu les transposes entre Logan et Cyclope. Au départ le petit goût de “déjà-viou” passe bien -“la mayonnaise prend” comme dirait le blogger lambada- sauf que 24 chapitres comme ça, on sature vite.

Tiens d’ailleurs en parlant de vampires (mais cette TRANSITION de dingue), X-men #1 ça tape pas loin. Une vague histoire de “Lord of Vampires” qui vient foutre son nez dans le bizness des X-men récemment viré à coup de pompes à San Fransisco (nouvellle terre d’accueil de l’espèce). Ce qui faut retenir de ce numéro ? Quelque chose d’assez sommaire, du surgelé re-réchauffé le lendemain matin, ceci dès les premiers instants. Je vous la fais courte : deux mutantes sirotent un jus de fruit à une terrasse après avoir sauvé le monde, Jubilee et la nouvelle Jubilee (Pixie, la girly/cheveux rebelles de la team), puis un mec super louche arrive, il explose (bon…), puis c’est le scandale, “bouh les mutants, c’est votre faute, blablabla”. Et les mutants c’est quelque chose : on chiale un petit coup dans notre repaire high tech (financé par le Père Noël, un mutant très généreux) puis on enchaîne sur une chasse à l’homme qui se résume à tabasser le premier mec un peu zarbi qui passe. Et là mine de rien je viens de te résumer le premier chapitre, true story.

Si je veux être gentil je dirais que Victor Gischler, petit nouveau chez Marvel, sert quelque chose de simple, sans trop se fouler les membres. On aurait aimé quelques précisions pour les non-initiés (le but d’un numéro 1 en fait) ou alors un point de départ tout frais tout neuf pour ne pas se sentir un poil largué (je parle pour moi). On me souffle dans l’oreillette qu’il s’agirait d’un relaunch programmé pour se greffer au prochain X event -vampires VS mutants- se répercutant sur une bonne majorité de titres mutants et qui “changera à jamais le destin de l’espéce”, sans aucun doute. Du côté des dessins de Medina, je ne peux m’empêcher de bouder. Toujours cette tambouille un peu fade, ce trait assez neutre, on stagne dans un dessin arrondi servi mille fois qui n’éveille aucune émotion particulière chez moi. A l’image de ses passages sur les New Warriors ou sur Deadpool ça ne s’énerve pas, à aucun moment, certains découpages sont mêmes un peu limites.

Bref, globalement, on y croit pas. L’idée de mélanger mutants et vampires ne m’irrite pas du moment c’est bien écrit, bien raconté, mais en l’état, à part faire du buzz dégueu en surfant sur la vague Twilight et ses vampires mascaras, je ne vois pas trop où ça part.

Wait and souffre.